CRCO
Le CRCO, pour accompagner nos artistes vers les plus hauts sommets
Blogue

« Le financement de la culture en Outaouais : entre le passé et l’avenir »

La première étude menée par Nicolas Crisafi, coordonnateur à la recherche et au développement au CRCO, révèle que le secteur culturel est le parent pauvre des investissements en termes d’infrastructures comparativement au secteur du loisir et des sports. Selon les données recueillies par l’auteur de l’étude, Gatineau aurait prévu investir, pour la période 2009-2011, vingt-cinq (25) fois plus en infrastructures sportives et récréatives qu’en infrastructures culturelles. Il ne s’agit pas ici d’opposer deux réalités incontournables de l’activité humaine. Chacune a sa place dans la Cité. Toutefois, force est de constater qu’il est plus que souhaitable que l’équité en la matière soit envisagée dans les projets de la Ville de Gatineau.

La seconde étude effectuée par Jean-H. Guilmette expose clairement la situation des investissements entre 1994 et 2010 de la part du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) et du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine (MCCCF). L’étude compare cinq régions du Québec, soit Québec – Capitale nationale, Abitibi-Témiscamingue, Mauricie, Estrie et Outaouais.

En clair, l’étude ne permet pas de pointer du doigt quiconque mais elle révèle hors de tout doute que « la région a sérieusement besoin d’un coup de barre dans le cadre des interventions régionales ». Du reste, l’étude révèle que, lorsqu’il y a concertation du milieu afin de donner les outils nécessaires au secteur culturel, on y voit un certain redressement. C’est le cas pour 2007-2008, première année d’une entente régionale majeure qui injectait en Outaouais près de 400 000 $ entre 2007 et 2010

Bien sûr, des questions nous viennent à l’esprit : les municipalités ont-elles des projets suffisamment bien ficelés pour rencontrer les critères des organismes publics ? Les politiques culturelles mises en œuvre et leur plan d’action contribuent-t-elles aux négociations avec les ordres supérieurs de gouvernement et les sociétés d’État ? Les organismes culturels et artistiques peuvent-ils donner des assurances quant à leur pérennité ? Les artistes eux-mêmes sont-ils suffisamment outillés pour travailler aux demandes de soutien ?

Les études donnent à penser et demandent des actions.

Nous n’avons pas à tenir un discours misérabiliste. Nous ne tenons pas non plus un discours culpabilisateur. Nous ne voulons plus cependant entendre un discours qui questionne le financement dans le secteur culturel que ce soit du côté professionnel, que ce soit du côté des loisirs culturels. La réalité du sous-financement est claire comme dans d’autres secteurs : en éducation supérieure notamment.

Au demeurant, la région a besoin de diversifier son économie et la culture devrait être un des créneaux importants d’une stratégie économique et sociale. La dimension culturelle reste une façon d’attirer les investisseurs et les professionnels de tout genre. À cet égard, une deuxième étude d’impact économique du secteur culturel en Outaouais est en voie de débuter. Le cahier du Au Fait prépare la table.

Et pour cause, il faut savoir, comme le dit si bien Jean-H. Guilmette « que le secteur privé donne près de $5 milliards aux activités caritatives canadiennes – sous la forme de reçus d’impôts – dont moins de 1 % revient aux organismes artistiques et culturels ». « Et encore, lance-t-il avec emphase, les montants d’argent vont en grande partie aux grandes organisations prestigieuses comme l’Orchestre symphonique de Montréal, les Grands Ballets canadiens, etc. » Dans ces conditions, le rôle de l’État dans le financement de la culture est plus que nécessaire!

Or, nous désirons vivement que, dans un avenir rapproché, tous les partenaires socio-économiques et culturels s’assoient à une même table et décident, après évaluation des besoins, des priorités relativement au développement culturel de la région et de la Ville de Gatineau. Nous souhaiter que le travail commence maintenant. Il n’y a pas de catastrophe, il n’y a qu’une démarche qui exige vision et volonté politique.

 

Michel-Rémi Lafond
Directeur général du CRCO
 


22 novembre, 07 h 12

« Je suis restée sur ma faim! J'aurais aimé y trouver des données de toutes les MRC de l'Outaouais et plus particulièrement la Vallée-de-la-Gatineau. »
Isabelle A. Martin, MRC Vallée-de-la-Gatineau

17 novembre, 07 h 24

« Vous dire comment je suis heureuse de voir enfin des statistiques qui viennent prouver les intuitions que j'avais. L'Outaouais reste encore le parent pauvre du Québec. J'y suis née, j'y vis et je constate! Je peux affirmer. parce que j'ai beaucoup voyagé au Québec, que la région a énormément de rattrapage à faire. Allez faire un tour à Montmagny, La Malbaie, Sept-ÃŽles, Trois-Rivières, Shawinigan, Rouyn-Noranda, Sherbrooke, Shawinigan, Val David, etc., vous verrez les transformations de ces régions par le biais de la culture. J'ai hâte que l'on se prenne en mains pour vrai! Bravo pour le blogue et bravo pour le cahier La culture : c'est du sport. »
Marie Gervais, MRC Collines-de-l'Outaouais

15 novembre, 02 h 34

« Mise au point Je souhaite rectifier les choses après avoir lu le commentaire de Marc Fortin. Les données que le CRCO a signalées dans le Cahier platine avaient été élaguées c'est-à-dire que nous ne tenions pas compte des salaires, des études, des frais administratifs, etc. Dans ces conditions, les propos entendus aux Culturiades semblaient se baser sur des chiffres globaux alors que ceux analysés par Richard Bégin correspondaient à des éléments plus spécifiques. Du reste, il faudrait savoir quelle méthodologie est utilisée lorsqu'il est question de comparer. De plus, les propos lors des Culturiades, ne répondaient pas à l'étude de Nicolas Crisafi qui essentiellement portait un examen comparatif dans l'optique des infrastructures et seulement des infrastructures. En conséquence, il est à espérer que les réactions se feront dans cette perspective et non dans un cadre qui aurait dû être souligné lors de la campagne électorale de l'automne 2009 où le CRCO s'attendait à ce qu'un véritable débat ait lieu. On attend encore le véritable débat! »
Michel-Rémi Lafond, directeur général CRCO, Ville de Gatineau

11 novembre, 12 h 56

« Le maire Bureau a réagi aux chiffres présentées dans les deux études lors de son discours au gala des Culturiades le 10 novembre 2010. Il semble que les sources d'informations soient différentes ... »
Marc Fortin, Ville de Gatineau

Commenter

28 août

Culture et élection au Québec : un silence qui en dit long

27 juillet

Pour une nouvelle politique culturelle

23 juin

Assez le mépris ! Indignons-nous !

02 mars

Vers un Agenda 21 de la culture : culture et développement durable

07 février

Le patrimoine immatériel – qu’est-ce que c’est au juste?

24 janvier

Bilan et prospective : la culture en Outaouais

06 décembre

Philanthropie et culture : entre utopie et défi

09 novembre

Le financement de la culture en Outaouais : entre le passé et l’avenir

29 juillet

Le projet de Loi sur le droit d’auteur : "deux poids deux mesures "

05 juillet

Hors de la culture "mainstream", existe-t-il un salut ?

18 mai

De retour des Arts et la Ville : la vitalisation des milieux ruraux passe par la culture

16 mars

L’Outaouais et les arts visuels : une exposition fabuleuse à la Galerie Montcalm

11 mars

Qui est responsable de la protection du patrimoine?

05 mars

Budget fédéral 2010 : la culture sur la glace...

04 janvier

Que nous réserve 2010 ?

08 décembre

Merci, Gilles Carle !

07 décembre

Le saviez-vous ?!

30 novembre

Le Salon du livre de l'Outaouais : sauvé in extremis pour la dernière fois

Intranet
S'abonner au bulletin
Les rouages du marché de l'art
Durée : 8 heures
Début : Mardi 27 février 2018, de 9h à 17h.

Le CRCO sur Twitter Le CRCO sur Facebook
Dernière mise à jour : 26 septembre 2017
©  Culture Outaouais
Site réalisé par Distantia