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« Philanthropie et culture : entre utopie et défi »

L’Agence du revenu du Canada souligne qu’il existe 85 378 organismes de charité inscrits au Canada dont 16 328 au Québec. Il faut comprendre que dans une telle jungle, il est extrêmement difficile d’inscrire les petits organismes comme la Fondation pour les arts, les lettres et la culture en Outaouais (FALCO), ou d’autres associations culturelles, puisque les besoins sont présents partout (santé, éducation, sport, etc.) et que les sollicitations sont nombreuses.

Des statistiques émanant de l’Agence du revenu du Canada sont plutôt troublantes. Pour récolter une somme de 5,3 M$, la Société canadienne de la sclérose en plaques (division du Québec) a dû dépenser 2,5 M$[1] ; il en va ainsi de la Société canadienne du cancer (division du Québec) qui a laissé filer 8,7 M$ pour récolter 25,3 M$ ; que dire de la Société Alzheimer du Canada qui a disposé de 3,6 M$ pour aller chercher 9 M$. Le record semble revenir à la Société des maladies du cœur qui, investit 80 M$ pour en ramasser 155 millions lors de leurs différentes activités de financement[2] !

Or, on le constate ici, il faut de l’argent pour recueillir de l’argent ! Or, les petites fondations comme la FALCO et les petits organismes n’ont ni les moyens ni la structure pour faire face à des activités de financement de l’ampleur dont on vient de parler. En premier lieu, il faut des ressources humaines à temps plein pour voir au bon fonctionnement des opérations des activités de financement. Comprenons que le seul fait de miser sur des bénévoles ne suffit pas.

Que faut-il faire ? Expédier des centaines de courriels afin de solliciter des dons ? Sans doute, mais nous connaissons le risque : le passage obligé dans la section indésirable des éléments du courriel. On pourrait organiser entre autres, une partie de golf, une course à relais. Les coûts sont énormes et il n’existe pas de garantie que les coûts dépassent les bénéfices.

Il reste que l’on nous dit qu’il faut chercher la personne riche. Mais le secteur culturel peut-il être associé à un milieu pour lequel il existe de la compassion ? Il n’y a ni maladie, ni catastrophe naturelle. Alors !

Alors, il m’apparaît utopique et injuste d’exiger des petites fondations ou des organismes de travailler d’arrache-pied à trouver des mécènes pour le développement culturel. D’abord, il faut posséder un réseau de personnes riches ce qui n’est pas commun. Ensuite, ni les petites fondations ni les organismes n’ont la capacité financière de payer un salaire de 250 000 $ et moins, tel qu’on le prévoit dans le projet de loi C-470[3].

Je souhaite que nos partenaires puissent travailler avec nous – et c’est là un défi majeur – à ce type de financement – les activités de financement – en gardant à l’esprit que le milieu culturel régional n’a pas la cote que des fondations dans le milieu de la santé peuvent connaître.

 

Michel-Rémi Lafond

Directeur général du CRCO



[1]
Ces données proviennent de l’Agence du revenu du Canada pour 2009.

[2]Les dernières données proviennent de l’Agence du revenu du Canada pour 2010.

[3]À l’heure actuelle, des hauts salariés qui œuvrent au sein d’organismes à but non lucratif qui recueillent des fonds, peuvent recevoir un salaire pouvant aller, dans certains cas, jusqu’à un million de dollars. 


07 décembre, 07 h 11

« Il es vrai qu'en matière d'art et de culture on est dans un domaine perçu plutôt comme étant esthétique (haut placé dans la pyramide des besoins de Maslow), loin des besoins de base tels la sécurité et la santé, besoins qui représentent une certaine"urgence". Comme les fonds sont limités et tous les besoins compétitionnent pour en obtenir leur part, ceux perçus comme urgents passent le tourniquet bien avant ceux considérés importants mais pas urgents. Normal, c'est dans la nature humaine, et c'est politiquement moins risqué aussi. Mais sans l'art et la culture on fait quoi ? Subsister ? Il ne s'agit pas de répondre seulement à l'urgent, il faut aussi s'occuper de l'important (la contribution du secteur culturel au PIB total était de 4,1 % au Québec en 2003). Il faut faire des pressions auprès des élus pour soutenir les arts et la culture. Exemple : la ville de Saint-Basile-Le-Grand achète chaque année des oeuvres totalisant plusieurs milliers de dollars lors de leur exposition Fête des arts. Pourquoi est-ce que Gatineau, ainsi que ses différents arrondissements et les municipalités périphériques n'en feraient pas autant ? Les collections publiques sont une richesse collective qui souvent aident à sensibiliser les citoyens en leur faisant connaître les talents régionaux. Commençons par sensibiliser nos élus municipaux pour qu'ils consacrent une part de NOS budgets à l'acquisition d'oeuvres des artistes locaux. Ainsi on aura fait un premier pas, dusse-t-il être timide, pour aussi porter attention aux besoins importants. »
Özgen Eryasa, MRC Papineau

07 décembre, 07 h 10

« Belle intervention de monsieur Lafond. L'idée de monsieur Brochu est intéressante. Pourquoi pas un Centraide-culture? »
Lise Beaubien, Ville de Gatineau

06 décembre, 12 h 27

« Je viens du monde associatif communautaire encore plus pauvre économiquement. Les gens riches et célèbres y sont encore moins nombreux que dans lÂ’univers artistique. Bref, le défi reste entier. Je reste convaincu quÂ’il faut garder le cap et unir nos forces à lÂ’ensemble de lÂ’industrie québécoise, canadienne et nord-américaine. Même si, pour avoir une Culture en santé, ça prend du monde en santé. Le concept de Centraire Culturel est possible d’être alimenté. »
Stéphane Brochu, MRC Collines-de-l'Outaouais

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Dernière mise à jour : 26 septembre 2017
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