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Christian Quesnel

Bien connu dans le milieu culturel de l’Outaouais, Christian Quesnel n’a pas vraiment besoin d’être présenté. Prenons toutefois plaisir à mentionner pour les néophytes ou les nouveaux venus dans la région que Christian Quesnel est auteur et illustrateur de nombreuses bandes dessinées, récits graphiques et livres jeunesse en même temps qu’il est l’initiateur de plusieurs projets stimulants d’intérêt régional et même national.

Il contribue à la reconnaissance et à l’affirmation du 9e art autant par sa renommée artistique que par son engagement civique. Premier artiste en bande dessinée à avoir remporté le Prix à la création artistique du CALQ pour l’ensemble de son œuvre, Christian Quesnel a inauguré le studio de résidence de l’organisme à Londres. Il a participé à plusieurs manifestations culturelles majeures en Europe et au Canada.

Soucieux du développement culturel de l’Outaouais, Christian Quesnel est un véritable bâtisseur de sa région. Il a contribué aux remue-méninges de la mise sur pied d’un baccalauréat en bandes dessinées dans le cadre de l’école multidisciplinaire de l’image de l’Université du Québec en Outaouais. Il s’agit d’un programme d’études unique en Amérique du Nord et qui contribue à un rayonnement international de la bande dessinée québécoise, car depuis sa création, il s’est avéré une véritable pépinière de talents. Christian Quesnel a également été, de 2008 à 2010, le président du conseil d’administration du Studio coopératif Premières Lignes et co-fondateur de la revue de création littéraire Histoire à boire debout. Il fait partie de l’équipe du Rendez-vous International de la BD de Gatineau qui livre bataille présentement pour la tenue en 2013 de l’événement.

 

Dessin faisant partie du projet Ludwig : Lettres à l’Immortelle Bien-aimée

médium mixte

Christian Quesnel prend beaucoup de plaisir à travailler en collaboration avec des artistes issus d’horizons différents, comme le théâtre, la poésie, la musique symphonique, etc. En ce mois de janvier Christian a été invité, au café-bistro Le Troquet, à une exposition composite avec le photographe Jonathan Maher, la slameuse Mélanie Rivet et l’artiste visuelle Sylvie Vaillancourt alors que son prochain projet, Ludwig : Lettres à l’Immortelle Bien-aimée, est en cours de réalisation avec la participation de l’Orchestre symphonique de Gatineau, des éditions Art Global et de la Ville de Gatineau. 

 

La cicatrice

médium mixte              

Dans ses créations, Christian Quesnel s’intéresse particulièrement à l’identité culturelle, sa bande dessinée La quête des oubliés dépeignant la déportation des Acadiens et son ouvrage Le crépuscule des Bois-brulés narrant l’histoire de la révolte des Métis, dirigée par Louis Riel. En même temps, l’artiste cultive le goût d’une mythologie locale prémoderne, d’un Québec caché, voire intime. Dans l’une de ses dernières bandes dessinées, Cœurs d’Argile, il raconte une histoire familiale, celle du couple qui a fait construire dans les années 1930 sa maison de Saint-André-Avellin. Ce récit surprenant entremêle comme dans un rêve la vie passée des anciens propriétaires de la maison au quotidien de Christian Quesnel et de sa petite famille, ses actuels occupants. Le mythe réactualisé, pour lequel se passionne Christian Quesnel, apparaît dans ses créations comme une composante essentielle de l’identité.

L’artiste est animé par un grand désir de transmission. Dans la bande dessinée Cœurs d’Argile Christian Quesnel, mis en scène graphiquement par lui-même, s’adresse à sa petite fille : « À nous maintenant de faire vivre cette maison ». Son intérêt pour l’histoire et les projets de préservation participe sans doute d’une entreprise personnelle plus ample d’ « appropriation du patrimoine, si négligé en Outaouais », une entreprise que l’artiste réalise à travers des ouvrages comme Projet Outaouais ou Cœurs d’Argile. Il s’agit d’un projet artistique de patrimonialisation de la mémoire et de l’imaginaire collectifs, à défaut de pouvoir préserver le patrimoine matériel.

 

La page couverture de Coeurs d'Argile

La passion de l’identité spécifique est doublée chez Quesnel d’une grande ouverture sur le monde. Il cherche à universaliser la petite histoire du village à travers des récits des sentiments généraux humains comme l’amour, l’angoisse de la mort ou le besoin de transmettre des valeurs. « C’est en Angleterre, relate l’auteur à propos de l’histoire de Cœurs d’Argile que j’ai perçu l’universalité de ce drame romantique des années 1930 ». L’anthologie Québec-Finlande 10x [Dix fois|Kymmenen kertaa] que Quesnel co-dirige en 2008 et qui réunit des œuvres des bédéistes finlandais et québécois exprime la même tendance à scruter la similitude dans la différence.

Christian Quesnel est curieux et un brin inquiet du temps, d’un temps qui passe, qui efface tout, auquel il faut résister et avec lequel il faut faire la paix en fin de compte. Il est inquiet du vécu oublié. Plusieurs de ses bandes dessinées comme La quête des oubliés et Le crépuscule des Bois-brûlés portent des titres à connotation temporelle explicite. D’autres, comme  Cœurs d’Argile, font revivre une expérience passée qui se révèle en dialogue avec le présent. Finalement, Aski-i, l’adaptation « d’un mythe cri à la sauce S.F. » est en quelque sorte l’avenir qui se raconte au passé.

La hantise du passé dans les créations de Quesnel se manifeste également dans le motif narratif de sa propre fille visitée par le spectre du Père Paul, un membre de la famille qui a occupé autrefois la maison acquise par Christian à Saint-André-Avellin. Artiste du temps graphique, Quesnel travaille sur sa propre perception du temps. Il s’intéresse à la représentation de la mémoire à un niveau intime, en suivant les trajets de ses personnages. Cela participe d’un désir plus large d’utiliser le médium de la BD comme outil pour concilier le passé et le présent.

 

Dessin faisant partie du projet Ludwig : Lettres à l’Immortelle Bien-aimée

En esprit novateur, Quesnel aspire à donner un souffle nouveau à son médium. Cœurs d’Argile ainsi que son dernier projet, Ludwig : Lettres à l’Immortelle Bien-aimée, accusent une étonnante hybridité graphique, l’auteur faisant usage d’une grande diversité de techniques comme le dripping, la tapisserie, le dessin d’enfant, le graffiti, etc. En plus, Quesnel puise généreusement dans les documents d’archives en reproduisant dans ses planches des lettres, des plans architecturaux, des documents officiels, etc. Son intérêt pour les sources écrites traduit sans doute un grand goût pour la réalité vécue et les méandres de l’expérience individuelle et collective.

Soucieux d’innover à la fois sur le plan graphique et sur le plan narratif, Quesnel peut montrer sur une seule de ses planches plusieurs strates de temps. En somme, ses dessins sont comme des cartes mentales de la mémoire.

Pour des personnes qui n’ont jamais développé d’intérêt pour le 9e art pendant leur enfance, la lecture des ouvrages de Christian Quesnel est une occasion de découvrir à l’âge adulte un médium plein de lyrisme, porteur d’une grande sensibilité, un espace de méditation sur les choses de la vie et des récits qui poussent à la contemplation.

 

Pour en apprendre plus sur Christian Quesnel, visitez : http://cquesnel.blogspot.ca/

 


Texte de Victoria Raileanu.

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Dernière mise à jour : 17 octobre 2018
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