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Nicole Balvay-Haillot

La pièce, tapissée par la chaleur du doux soleil d’automne, laissait place à la confidence. Des rires, des confessions, une seule histoire. Une rencontre avec une femme de cœur, une rencontre avec Nicole Balvay-Haillot.

Née dans la ville d’Auxerre, en France, madame Balvay-Haillot  rêvait déjà d’aventures et de défis. Intrépide et courageuse, elle quitta Auxerre pour Paris, où elle alla étudier l’anglais à la Sorbonne et où elle découvrit l’art et la culture, sous toutes leurs formes. Aller à l’université en région parisienne était un rêve qu’elle caressait, petite fille. Elle resta six ans, au cours desquelles elle épousa le jeune homme qu’elle fréquentait depuis ses années de lycée et qu’elle avait rencontré en Angleterre.

Ils déménagèrent en Tunisie, où, suite à une réorientation de carrière de son mari (il devait faire son service militaire), ils devinrent tous deux enseignants. Ironiquement, Nicole Balvay-Haillot n’enseigna pas l’anglais : elle enseigna plutôt le français, l’histoire et la géographie, d’une région jusqu’alors inconnue pour elle. Ce fut une expérience enrichissante qu’elle ne fut pas prête d’oublier ! « J’ai toujours dit que je possédais une culture hybride : j’ai fait mes études en anglais, puis j’ai travaillé toute ma vie en français, et c’est en français que j’écris aujourd’hui mes livres !», dit-elle en souriant.

Soudain, se présenta à elle l’opportunité d’enseigner à l’Université d’East Lansing, au Michigan.  Mais pourquoi pas, se dit-elle ! Ce serait l’occasion idéale pour maîtriser parfaitement la langue anglaise. Son mari et elle prirent alors un vol pour l’Amérique, faisant escale au Canada afin de visiter un couple d’amis. Durant leur court séjour à Ottawa, ils eurent le temps de se promener en Outaouais. Des paysages sablonneux et secs des montagnes de la Tunisie au verdoiement des collines de l’Outaouais, Nicole Balvay-Haillot eut un coup de foudre.  

Les amis chez qui ils séjournaient avaient obtenu une entrevue pour le mari de madame Balvay-Haillot à l’école secondaire Philemon Wright de Hull (aujourd’hui appelée l’école secondaire Philemon Wright de Gatineau) le lendemain. Ils étaient loin de se douter que cet événement allait, ce jour-là, changer le cours de leur destinée! L’entrevue s’avéra positive : l’école offrit même un poste à Nicole Balvay-Haillot qui, d’abord ébahie, fut enchantée de cette proposition. Ils  décidèrent tout de même d’aller au Michigan, puisqu’après tout, c’était le but premier de ce voyage en Amérique. Leur périple en train fut long. L’environnement austère où se trouvait l’université n’impressionna ni Daniel ni Nicole. Après une journée là-bas, elle ne réussit pas à rencontrer l’homme qui devait lui accorder une entrevue.

Était-ce le fruit du hasard ou la chance ?

Le charme du Québec suffit à les convaincre. Ils décidèrent de revenir au Québec, pour s’y installer. C’était en 1969. Son mari Daniel retourna seul en France chercher leur fille, puisque madame Balvay-Haillot n’était pas autorisée, à cette époque, à signer les papiers pour obtenir le passeport de leur enfant. Ils obtinrent rapidement leur citoyenneté canadienne et achetèrent une jolie maison à Aylmer. En seulement treize jours, ils avaient des emplois, une maison et une famille réunie. On peut dire sans aucun doute que la chance était de leur côté !

 « Être immigrant, c’est d’abord accepter de ne pas être chez soi. Je peux dire que le Québec est une terre d’accueil où  nous nous sommes immédiatement sentis chez nous. La générosité des gens, la beauté des paysages et les multiples possibilités qui s’offraient à nous ont été des facteurs déterminants dans notre choix de vie », raconte-t-elle.

Après avoir été professeure, terminologue et rédactrice, elle se consacra entièrement à l’écriture et à l’épanouissement de la vie littéraire en Outaouais. Véritable amoureuse des mots, Nicole Balvay-Haillot fut membre du conseil d'administration de l'Association des auteurs et auteures de l'Outaouais (AAAO) en 1998, pour ensuite en être la présidente de 2002 à 2007. Elle  siégea également au conseil d'administration du Salon du livre de l'Outaouais de 2000 à 2004 et au Conseil régional de la culture de l'Outaouais de 2002 à 2010.

 

« J'ai voulu revoir Guillon, joli bourg blotti autour de son église, et la maison de mon grand-oncle Picoche, ancrée à mi-pente sur la route d'Avallon. Ses murs blancs, ses volets verts, son air pimpant me donnèrent presque envie d'aller cogner à sa porte. » (Les Passeurs)

 

Nicole publia en 2000 un premier roman. Elle se rendit alors compte que, l’inventaire de son récit Dérive étant écoulé, elle pouvait reprendre ses droits et l’éditer. Il lui fallait pour cela créer sa maison d’édition. Et obtenir un permis d’affaires. Mais pourquoi un permis d’affaires pour seulement une maison d’édition ? Son mari, dont les parents avaient eu un hôtel en France, à Vézelay, lui proposa d’ouvrir un gîte. Et c’est comme ça, en toute simplicité, qu’est né le Gîte de Brouage, qui accueille aujourd’hui près de 300 visiteurs par année. Une passion commune qui réjouit les plaisanciers !

À ce jour, Nicole Balvay-Haillot compte cinq publications individuelles et sept publications dans différents collectifs de nouvelles.

 

Publications individuelles

Les passeurs, roman, Les éditions du Vermillon, 2013.

Fenêtre sur vie, nouvelles et récits, Les Éditions du Vermillon, 2009.

Parce que c’était toi, parce que c’était moi, récit, Les Éditions du Vermillon, 2003.

L’Enfant du Mékong, roman, Vents d’Ouest, 2000.

Dérive, récit, réédition aux éditions Medianik, 2000, Remue-Ménage, 1993.

Publications dans des collectifs de nouvelles

Les Fondeurs, dans Nouvelles de Gatineau, aux éditions Vents d’Ouest, 2013.

Retrouvailles, dans 30-trente-XXX, aux éditions Vents d’Ouest, 2009.

Le pont de Mathilde, dans la revue Virages, numéro 49, 2009.

L’entre-deux, dans Le Tunnel, collectif international, Les Éditions du Vermillon, 2007.

Pirandello, dans Brèves littéraires, numéro 76.

L’eau, site Internet Francopolis, 2005.

Maupiti, dans Des nouvelles du hasard, collectif international, Les Éditions du Vermillon, 2004.

 

En plus de ses publications, Nicole a été honorée à plusieurs reprises, en recevant entre autres le Prix du Salon du livre de l’Outaouais en 1992 pour Dérive, une mention pour la nouvelle Le vieil érable sous le ciel en 2005, puis une autre pour le manuscrit Fenêtre sur vie en 2006. Elle fut présidente d’honneur au Salon du livre de l’Outaouais en 2009, puis écrivaine en résidence à trois reprises, dont deux fois à la Maison Jules-Roy à Vézelay, en France. Elle est actuellement en résidence à la bibliothèque municipale de Gatineau.

Aujourd’hui, Nicole est l’heureuse mère de deux filles et grand-mère de cinq petits-enfants. Sa plus grande passion ? « Mon mari et ma famille ? », dit-elle l’œil amusé et le sourire aux lèvres.

Lorsque j’ai demandé à madame Balvay-Haillot, à la fin de l’entrevue, ses coups de cœur littéraires, elle m’a tout de suite parlé du dernier livre qu’elle a lu, L'Embellie de l’auteure Auður Ava Olafsdottir. Irène Némirovsky, Lawrence Durrell et Henri Troyat figuraient également dans le palmarès diversifié de cette auteure bien de chez nous.

À la fin de l’entrevue, le téléphone a sonné. Les Éditions du Vermillon annonçaient à Nicole Balvay-Haillot une bonne nouvelle : son tout dernier livre, Les passeurs, arrivait de l’imprimerie.

C’est le cœur léger et la tête pleine d’idées que j’ai quitté Nicole Balvay-Haillot et son mari, pour me lancer dans la rédaction de cette courte biographie dédiée à une femme inspirante.

Souhaitons à NICOLE BALVAY-HAILLOT une source intarissable d’inspiration et un avenir prospère !

Rédaction : Justine Leblanc

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Dernière mise à jour : 24 avril 2018
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