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Jacques Ménard

Originaire d’Alexandria dans l’Est-Ontarien, Jacques Ménard opère depuis bientôt 40 ans dans le milieu cinématographique en tant que réalisateur et producteur. Établi en Outaouais, Jacques Ménard est à la tête de sa propre société, Les Productions des Collines Inc. et est commissaire du Bureau du cinéma et de la télévision Gatineau - Outaouais (BctGO), un organisme qui soutient et promeut le cinéma et la télévision en Outaouais.

 

Faire du documentaire social

Dès ses débuts, Jacques Ménard s’est consacré au documentaire. Attiré par les histoires qui sortent des sentiers-battus, il cherche par ce média à proposer un regard neuf et une nouvelle réflexion sur des réalités personnelles. Que ce soit l’histoire d’une femme adoptée qui redécouvre ses origines, ou celle d’un travailleur social s’appuyant sur le hip-hop pour aider la jeunesse, ses documentaires ont le point commun de vouloir donner une place de premier choix à l’humain, à son combat, à son parcours ou encore à sa vision du monde. En aucun cas lassé après 40 ans de carrière, Jacques Ménard décrit ainsi son métier : « Le producteur peut lui-même créer des projets et essayer de les défendre ou bien il va ouvrir sa boîte aux lettres et en découvrir de nombreux autres ». Jamais à court d’idées, c’est en tant que producteur, co-producteur et réalisateur pigiste que Jacques Ménard se consacre à la réalisation de documentaire dit social. Pour son plus grand bonheur, le documentaire l’a amené à voyager régulièrement, principalement en Asie, assouvissant ainsi une autre de ses passions.

Après l’obtention d’un certificat en Production cinématographique en 1974 au Collège Algonquin, Jacques Ménard a débuté sa carrière en tant que réalisateur pour l’Office national du film du Canada (ONF), organisme public qui produit et distribue des films documentaires avant-gardistes et socialement engagés. Il réalise alors trois films, dont Rien qu’en passant en 1976 qui porte pour la première à l’écran une réflexion sur l’identité franco-ontarienne. Puis il se tourne vers la télévision : avec un ami, il participe à CIVO-Télé inauguré à Hull en 1977, antenne régionale de Radio-Québec, ancêtre de Télé-Québec. 

Jacques Ménard retrouve ensuite l’ONF au milieu des années 1990 alors qu’on lui propose de devenir producteur pour le Studio Ontario-Ouest dans le cadre du programme français de l’ONF à Toronto. Il en devient ensuite directeur général adjoint et s’installe à Montréal. On peut lire à ce sujet un article de Danièle Caloz sur Érudit, qui dresse un portrait du cinéaste.[1] Redevenu producteur en 2000 à Toronto et Ottawa, Jacques Ménard participe une dernière fois à ce programme coupé en 2002.

En parallèle de sa carrière au sein de l’ONF et de ses projets en tant que réalisateur pigiste, notre documentariste s’est consacré à la création de sa première compagnie de production : Nunavut Communications Inc. C’est avec amusement qu’il raconte l’histoire qui entoure ce nom. Signifiant « chez-nous » ou « notre terre » en inuktitut, le terme Nunavut a été suggéré par le directeur de l’association de protection de la communauté Inuit à laquelle était consacré un documentaire, après deux échecs à trouver un nom libre. L’anecdote ne s’arrête pas là, puisque le 1er avril 1999, le territoire Nunavut est créé à la suite de sa séparation des Territoire du Nord-Ouest. Du fait de nombreux appels liés à la création de ce nouveau territoire, la compagnie de production décide de raccourcir le nom pour Nunacom. `

Aujourd’hui cette compagnie est devenue Les Productions des Collines, qui a produit et co-produit trois documentaires : The Recipe Diaries (2004), Ma part manquante (2006) et Arctic Hip Hop (2008). Jacques Ménard travaille aujourd’hui sur deux documentaires, actuellement en cours de développement. 

The Recipe Diaries

Bande-annonce

 

Réalisé par Jacques Ménard et co-produit avec Hoda Elatawi (GAPC) pour Food Network, ce documentaire de 50 minutes raconte la passion de Jeffrey Alford et de Naomi Duguid pour la place qu’occupe la nourriture dans nos cultures. Le spectateur est alors amené à suivre leur parcours culinaire en Asie, qui aboutira à la création du livre de recettes Mangoes and Curry Leaves.

 

Équipe principale du film The Recipe Diairies en tournage au Sri Lanka
De gauche à droite : Louis Durocher (de Gatineau), Sanjay Metha et Jacques Ménard 
© Crédit photo : Carol West
 

Ma part manquante

Bande-annonce

 

Bouleversant et questionnant, ce documentaire retrace l’histoire de Jane Dawson, adoptée bébé par une famille québécoise et à qui on a caché ses véritables origines. Les Dawson pensent adopter une enfant d’origine mexicaine et pourtant Jane découvre qu’elle est autochtone quand elle fait des recherches sur sa mère biologique. Ce film, réalisé par Aurélie Resch, suit Jane dans ses voyages entre Betsiamite, Toronto et le Mexique, où elle tente de faire le deuil de son identité mexicaine.

 

Arctic Hip-Hop

Bande-annonce

 

Ce film de Randy Kelly, produit par les Productions des Collines pour Global Television a été présenté le 19 avril 2006 dans le cadre de la série documentaire Global Currents. Suivez le travail de Stephen Leafloor, alias B-Boy Buddha, qui propose des ateliers de hip-hop aux jeunes  dans la communauté de Cambridge Bay, au Nunavut. 

Distinctions 

Jacques Ménard a reçu le prix du Meilleur documentaire pour le film The Recipe Diairies au World Food Media Awards (Australie) en 2005. Mémoire, moire de souvenirsfilm pour lequel il était producteur, fut en nomination en 1998 pour le Prix Génie, remis par l'Académie canadienne du cinéma et de la télévision, et reçut le prix spécial Téléfilm Canada et le Prix de la meilleure réalisation au Festival Hotdocs! 

Maman et Ève (producteur) fut lui aussi nommé au Prix Génie en 1996. 

Ces trois documentaires ont également été présentés dans différents festivals tels que le Festival des films du monde de Montréal, le Festival du cinéma au féminin de Bordeaux (France) ou le Festival international du documentaire de Leipzig (Allemagne). 

 

Jacques Ménard au World Food Media Awards (Australie)

 

L’Outaouais, un bassin pour le cinéma et la télévision

Installé aujourd’hui en Outaouais, Jacques Ménard se consacre également au dynamisme culturel de sa région d’adoption. En tant que commissaire au Bureau du cinéma et de la télévision Gatineau - Outaouais (BctGO) créé en 2014, il cherche à promouvoir la production cinématographique et télévisuelle locale tout en essayant d’attirer les tournages en Outaouais. Le Courrier du Portneuf titrait ainsi le 14 janvier 2015 « L’Outaouais veut séduire les cinéastes »[2].  Jacques Ménard y affirme : « Ça fait un an qu'on est là et on s'est promené un peu partout pour se faire connaître. On souhaite un gros boom pour la prochaine année. » Jacques Ménard fait ainsi la promotion des attraits de l’Outaouais, expliquant que tourner en Outaouais c’est apporter quelque chose d’unique et de nouveau dans les films. Il s’est par exemple rendu en 2014 à l’AFCI Locations Show, le plus grand rassemblement sur les lieux de tournage au monde, à Los Angeles. Sur le site Web du BctGO, il est possible de voir la liste des films qui ont été tournés en Outaouais, dont On the road de Walter Sellers, qui tourna une scène dans un bar style début du XXème siècle.

Faire de l’Outaouais un bassin pour le cinéma local ou international est un défi de tous les jours, notamment en matière d’argent. Jacques Ménard, comme tout cinéaste, est sans cesse confronté aux questions de budget. Suivant le sujet, le tournage d’un documentaire peut aller d’un an à 5 ans, et il faut engranger une solide base de visuels pour pouvoir convaincre un producteur à investir de l’argent.

Conforter la réalisation cinématographique et télévisuelle en Outaouais, c’est aussi encourager la relève. Jacques Ménard enseigne ainsi la production télévisuelle à la Cité collégiale d’Ottawa depuis 2003.

 

À découvrir

Le Bureau du cinéma et de la télévision Gatineau - Outaouais

Les Productions des Collines

 


[1] Jacques Ménard sait miser sur les bonnes affinités, Danièle Caloz, Liaison, n° 85, 1996, p. 14-15.

[2] L’Outaouais veut séduire les cinéastes, 14 janvier 2015, Le Courrier du Portneuf.

 

Crédit photo pour le portrait de Jacques Ménard en noir et blanc : Mélissa Proulx

 

Rédaction : Edwige Horreaux

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